Superbe Montaigne en mouvement de Jean Starobinski.
Superbe Montaigne en mouvement de Jean Starobinski.
C'est d'abord un point qui circule, une tâche qui s'arrondit, une brûlure irradiant du centre vers la périphérie, puis se diffuse, s'étend, à la main, au poignet, au bras, à l'épaule.
Je me demande si cette douleur atteint l'autre. J'aurais tendance à penser que oui, mais qu'il n'en souffre pas (moi seule en souffre). Entre nous, elle est un point de contact.
*
Comment nommer cette main verticale qui écrit le silence, à partir du silence, à travers lui ?
Main comète.
Main mage.
Main qui écrase son ombre sur la page.
Main qui ne sait que la courbe.
Orbe. Oeuf. Une larme.
Soleil. Mère. Lumière.
Surface. Océan. Circonférence.
Bulbes. Gousses et graines.
Débordement. Eparpillement.
D'innombrables renaissances.
A genoux, écrivant,
tête basse, face à l'écran,
hypnotisée, les doigts jouant
sur le clavier une curieuse mélodie.
A genoux - est-ce prier ?
Le texte se dresse devant moi.
Un écran. Une façade. Un visage.
Un miroir ? Ou bien est-ce moi le miroir dans lequel le texte désire se réfléchir ?
Je serai au Salon du livre de Paris, le samedi 27 mars, pour une séance de dédicaces (Iceberg memories, Actes Sud) de 14h à 15h, en compagnie d'Alberto Manguel et de Dominique Noguez. Pour plus de renseignements : www.salondulivreparis.com.
Oubli de l'oubli.
Absence de l'absence.
Mais toujours, dans le sable, face à la mer, un enfant qui joue.
Un jour, finir par ne plus écrire, peut-être. Comme une idiote, pour rien.